
Pour ce mois-ci, nous souhaitons mettre en lumière Olivier Tene, un parent engagé et enseignant passionné au sein de la communauté francophone. Originaire du Cameroun, un pays qu’il décrit avec fierté comme « l’Afrique en miniature », Olivier a d’abord effectué des études universitaires en sciences économiques, avec une spécialisation en gestion. Ce parcours l’a mené à intégrer l’École normale de formation des enseignants du Cameroun, où il a obtenu sa qualification d’enseignant en comptabilité et en commerce.
Après avoir enseigné pendant de nombreuses années dans son pays d’origine, Olivier a émigré au Canada, où il poursuit aujourd’hui sa carrière en enseignement au sein d’une école secondaire du Conseil scolaire catholique des Grandes Rivières (CSCDGR), à Timmins. En plus de son engagement professionnel, il s’implique activement dans la communauté, notamment à travers des actions humanitaires en soutien aux enfants scolarisés, à titre de bénévole.
Grand amateur de football et de Scrabble, Olivier accorde une grande importance à l’engagement parental et à la création de ponts entre les familles et l’école, des valeurs qui guident son implication au quotidien.
S’engager, c’est aider nos jeunes à mieux s’intégrer.
Olivier Tene
De quelle façon êtes-vous un parent engagé?
Je suis un parent engagé de par mon implication dans la mesure de mes possibilités aux activités des parents issus de l’immigration au sein de mon conseil scolaire, à travers des initiatives comme PPE. D’une part, la création de ponts entre les familles et l’école constitue le moteur principal de mes actions. D’autre part, soucieux de l’avenir des jeunes et de leur intégration réussie, j’essaie d’inviter les parents de ma communauté à participer aux activités impliquant la scolarité de leurs enfants. Cela nous permet d’être mieux outillés pour comprendre les enjeux présents et les opportunités offertes.
Quelles sont les raisons qui motivent votre engagement?
Les raisons qui motivent mon engagement sont de divers ordres.
Sur le plan social, mon engagement est un moyen direct d’intégration dans ma nouvelle communauté. C’est une façon pour moi d’être en contact avec d’autres parents issus ou non de l’immigration et de me sentir membre à part entière de la communauté.
Sur le plan culturel, mon engagement est un facteur d’apprentissage et d’échange interculturel. Le Canada a cette belle particularité d’accueillir des parents de cultures provenant de partout dans le monde. J’ai eu le privilège, au cours de différentes activités, d’en apprendre un peu plus sur d’autres cultures que je ne connaissais pas.
Sur le plan éducatif, cet engagement a été motivé par le désir de mieux comprendre le fonctionnement du système scolaire de ma terre d’accueil. Les interactions lors des rencontres sont toujours le lieu et l’occasion de puiser les éléments nécessaires pour accompagner les élèves plus sereinement dans leur parcours.
Quels conseils souhaitez-vous donner aux parents de votre communauté?
Aux parents de ma communauté et, plus spécifiquement, à ceux issus de l’immigration comme moi, je dirais que nos enfants ont grandement besoin de nous pour s’intégrer pleinement dans leur nouvel écosystème. Quoi de mieux pour bien les accompagner que de participer ou, mieux encore, que de s’engager nous-mêmes dans des initiatives louables telles que PPE, et ce, malgré les contraintes auxquelles nous faisons face au quotidien. S’engager, c’est aider nos jeunes à mieux s’intégrer.
En février, mais aussi toute l’année, nous soulignons l’importance de reconnaître l’histoire, les cultures et les contributions des communautés noires. Selon toi, quelles actions concrètes les parents peuvent-ils poser pour soutenir l’apprentissage et l’ouverture à la diversité chez leurs enfants?
La première chose pour moi, c’est d’ouvrir le dialogue avec les enfants sur l’existence même de la diversité. Cela leur permet de mieux appréhender le milieu dans lequel elles et ils vivent et de mieux accepter les différences.
La deuxième action serait de les encourager à participer autant que possible aux activités et autres événements intercommunautaires, de façon à ce que les enfants puissent découvrir les autres communautés et leurs façons de faire.
Une autre action serait, en collaboration avec les écoles des enfants et notamment leurs enseignant(e)s, de faire partager les éléments de la culture de l’enfant. Je me souviens personnellement d’une présentation que j’ai faite sur mon pays d’origine, le Cameroun. Elle avait permis aux élèves d’avoir une idée de ce pays d’Afrique dont ils n’avaient, pour la plupart, jamais entendu parler. Pour les enfants, le fait de voir que les autres membres de la communauté scolaire portent de l’intérêt envers leur culture est un puissant stimulant, qui peut également les aider à accepter les autres tels qu’elles et ils sont.